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MTP MUSIC UNDERGROUND

ARCHIVE : SANS RESTRICTION

 

Il est 17h. Devant les portes du Zénith, un grand gaillard fume une clope, un peu débraillé les traits tirés. C’est Danny Griffiths, un des membres fondateurs du groupe Archive. Le combo Trip Hop, vingt ans de carrière, fait escale ce soir-là au Zénith de Montpellier. Je lui dis que je suis journaliste et que je dois faire une interview du groupe. Il me dit qu’il est au courant, qu’il termine sa clope et qu’il arrive… Ce sera lui mon interlocuteur. Let’s go !

Vous êtes en tournée depuis presque huit mois, comment vous sentez-vous ?

Nous sommes vraiment très contents. Notre tournée se passe merveilleusement bien. Je suis très heureux. Parce que hier soir nous avons fait un super concert, l’endroit était génial. C’était notre second concert en France, et d’habitude le premier soir et le second nous servent à régler toute sorte de problèmes. Mais on a eu aucun problème à Nantes, et hier soir, au BIKINI Club c’était juste super, Maintenant je me sens vraiment en confiance, parce que ça s’est si bien passé, alors que les deux premiers concerts d’habitude c’est moyen.

Quelles est votre relation avec le public Français ?

Elle est excellente. On a vraiment beaucoup de chance, parce que les français ont soutenu Archive bien avant tout le monde. Si la France n’avait pas kiffé Archive, on n’aurait pas tourné partout, dans toute l’Europe. On a d’ailleurs une équipe française avec laquelle on tourne, et c’est très important pour nous de tisser des liens comme ça !

Restriction est votre onzième album, tu peux nous en dire plus sur le choix du nom de cet album ?

C’est le titre d’un des morceaux que j’ai écrit. Ce qui nous a plu, c’est que ça ne voulait pas dire quelque chose de précis. L’idée est partie d’un constat : nous avons tous des restrictions dans la vie, mais quand il s’agit de musique on n’en a pas. Donc c’est un titre qui n’a de sens que pour nous.

En quoi est-t-il si différent des autres ?

A la base, le groupe est plutôt connu pour faire des chansons longues, des sortes « d’Albums concept ». Mais pour celui-ci, on a décidé de se limiter à douze chansons, de le baser sur les chansons, et de ne pas conceptualiser, tu vois, de faire comme les gens normaux. C’est ça le plan. Parce qu’on venait de faire Axiom et Axiom c’est une œuvre plutôt pesante. Restriction est comme une réponse à Axiom.

Peux-tu nous en dire plus sur l’orientation musicale de l’Album ?

On n’a pas vraiment de règles strictes. En fait, on a écrit Restriction en même temps qu’Axiom, et on découvrait au fur et à mesure ce qui collait à ce moment-là. On a su ce qu’on voulait faire avec Restriction dès qu’on a eu les premiers morceaux, et on savait exactement où on allait. On peut partir de beaucoup de choses, on peut partir de tout et n’importe quoi. En termes de production, on voulait rester simple, beaucoup plus simple que notre bazar habituel. C’est vraiment bien, ça vient d’un peu partout en vérité.

Comment avez-vous travaillé ? Quelles ont été vos influences musicales ?

Je n’écoute pas vraiment de musique lorsqu’on écrit un album, en fait je n’écoute à peu près rien d’autre. Dave et Pollard sont vraiment doués pour écouter tout ce qui sort, mais moi je trouve ça perturbant. J’écoute nos anciens morceaux de temps en temps, c’est à peu près tout, pour les arrangements.

Vous êtes Darius et toi à la l’origine du collectif que vous avez fondé il y a 20 ans. Que pensez-vous de sa progression ?

Je trouve ça incroyable. Ça s’est fait de façon naturelle, dans un sens. Quand on a débuté, moi et Darius, on ne s’est jamais considéré comme un groupe, c’était assez bizarre, on est juste des producteurs, c’est tout ce qu’on sait faire, on passe notre temps en studio à faire de la musique. Pour Londinium on n’avait pas l’intention de faire un album. C’était simplement l’étape suivante. Je trouve incroyable qu’on soit toujours là. D’avoir commencé dans notre petit studio, dans le petit appart vieillot de Darius où on a commencé à faire de la musique. Même si on n’est pas un groupe énorme, qu’on n’est pas un groupe célèbre, on a un public fidèle en France, et c’est grâce à cette progression lente qui s’étale sur vingt ans. Il y a encore des gens qui découvrent Archive aujourd’hui, et je pense que c’est très important, c’est le signe d’une progression naturelle. On n’a jamais eu de gros tube, on passe rarement à la radio, c’est surtout nos fans inconditionnels qui nous écoutent et qui nous restent fidèles, et c’est incroyable …

Allez-vous retourner en studio après la tournée ?

Oui, on retourne tout de suite en studio. On a presque fini le prochain album. Ça a été une année chargée pour nous, en tournée et en festivals, mais à chaque fois qu’on a pu on est retournés en studio. Dès qu’on avait une semaine de libre, on la passait en studio. Le prochain album sera prêt en janvier. La tournée se termine le neuf novembre, on prend quinze jours de vacances, on retourne en studio pour un mois, et on finit d’enregistrer.

Allez-vous jouer aux USA ?

Oui, je veux vraiment y aller. Je veux aller au Canada. Hier soir, il y avait un mec qui était venu du Canada juste pour nous voir jouer et qui se plaignait qu’on n’ait jamais tourné en Amérique du Nord. La raison est financière. Ca nous coute très cher de répéter et de partir en tournée, et c’est ce qui nous retient. Mais on commence à être diffusés en Amérique, nos deux derniers albums y sont sortis.

Tu te sens comment avant de jouer ce soir ?

J’ai le trac. J’ai encore le trac après tout ce temps. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Ni le bassiste, ni Holly n’ont l’air d’avoir peur de monter sur scène. Moi j’ai toujours la trouille. J’ai toujours peur que quelque chose se passe mal. Je sais exactement ce que je vais jouer, mais on a beaucoup de matos et j’ai toujours peur qu’un truc tombe en panne. Je me sens beaucoup mieux quand on arrive à la moitié du concert je commence à me détendre…

Propos recueillis par Audrey APW.

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