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MTP MUSIC UNDERGROUND

FEU!CHATTERTON, DANDYS ATYPIQUES

 

Avec ses textes alambiqués nourris par un phrasé scandé dont on se délecte à souhait, Feu ! Chatterton est sans conteste la révélation de la scène parisienne, voire Française du moment. Le groupe actuellement en tournée pour promouvoir son premier album a fait escale à Victoire 2 le 3 décembre dernier. Rencontre avec Arthur le chanteur.

Votre premier album Feu ! Chatterton (ici le jour a tout enseveli) est sorti en septembre. Votre tournée débute à peine. Comment se passe-t-elle ?

Notre tournée est assez intense car nous enchaînons trois à quatre dates par semaine. Avec la sortie de l’EP l’an dernier nous avions déjà enchaîné une soixantaine de dates. Depuis la sortie de l’album il a fallu roder un nouveau spectacle, et j’avoue qu’il nous a fallu quand même quelques semaines avant de nous sentir bien à l’aise, mais maintenant ça va bien !

Quel est votre public ?

Notre public est très éclectique je dirais qu’il se situe entre 25 et 40 ans, voire plus. Chaque soir c’est le public qui fait le concert, d’où le fait que certains soirs nous sommes sans doute plus énergiques…

Les critiques sont assez dithyrambiques sur vous depuis la sortie de votre premier album. Comment vous sentez-vous par rapport à cela ?

C’est hyper flatteur mais en même temps ça met une grande pression ! Nous avons peur de décevoir par moment, tant le public est flatteur à notre égard. On essaie de ne pas trop y penser. Maintenant que l’album est sorti, ce qui compte réellement pour nous c’est de défendre sur scène devant notre public ce que nous faisons. On a dépassé le stade du syndrome du bon élève qui doit faire ses preuves. Nous sommes contents de voir que tous les gens sont là tous les soirs et partagent avec nous ces très bons moments.

Qu’est-ce qui fait la spécificité de Feu ! Chatterton, outre le fait de chanter en Français ?

Notre but à tous est de faire quelque chose de fort, quelque chose qui nous ressemble surtout. Nous n’avons jamais été dans la stratégie de nous dire « on va faire ça pour telle ou telle raison ». Feu ! Chatterton n’est pas un concept, mais plutôt accidentel au final. Nous avions envie de raconter des histoires dans notre langue et qu’elles soient portées par des énergies lyriques.

Comment se passe l’aspect créatif ?

Totalement au feeling… Parfois j’ai un texte qui est déjà là et puis Sébastien ou Clément vont commencer à lancer les guitares qui vont inspirer Antoine à la basse et petit à petit quelque chose germe.

A partir de quel moment le processus d’écriture est-il né chez toi ?

Je dirais au lycée. J’étais en classe avec Sébastien et Clément. Nous étions une bande de copains et j’aimais déjà leur dire à mes textes à l’oreille. Au final ce sont eux qui m’ont dit la première fois que c’était bien. A l’époque j’étais content de ce que je faisais, j’étais jeune et j’avais déjà envie de le partager. C’est comme ça que l’enthousiasme est né et que j’ai pris confiance dans ce que je faisais. Après le lycée ils se sont dit que ce serait bien qu’on mette en musique mes textes.

Par rapport à ce qu’il se fait en ce moment, vous osez la prise de risque. Cela vous fait-il douter parfois?

Je pense, qu’au contraire, nous doutons plus maintenant qu’avant. Au départ, quand on a tout à prouver, il faut avoir beaucoup d’orgueil, sinon on ne propose rien. Le risque est une sorte de moteur. Quand on fait de la musique nous, on ne se dit pas que c’est risqué, puisque qu’on fait ce que l’on aime. La pression commence à arriver lorsque que les gens vous disent que ce que vous faites ça leur plait.

Qu’est ce qui te plait tant dans la langue Française ?

Cette langue me plait avant tout parce que c’est la mienne et que je la comprends, et qu’avec on peut raconter des tas d’histoires. Très jeune j’ai été touché par certaines histoires racontées par des chanteurs, Brassens, Gainsbourg, Trenet, cela m’a de suite procuré des sentiments très forts. Quand on est enfant, la naissance de sentiments nouveaux peut être très puissante. J’ai toujours eu l’impression depuis très jeunes que la musique m’ouvrirait à quelque chose de nouveau.

Les héros romantiques du XIX siècles t’inspirent beaucoup je crois….

Je crois qu’on a pris de ce mouvement une sorte de lyrisme, d’élan, quitte par moments à assumer une certaine naïveté, qui je pense peut parfois être une force. Après on est les héros de rien du tout…

Tu es d’accord avec tout ce qui se dit dans les médias sur toi ?

Oui ce que je lis ne me dérange pas…la seule chose qui me dérange c’est quand je lis, que ce que l’on fait, est triste et cynique. Nous aimons être c’est graves et légers à la fois, ce que nous aimons c’est être dans l’autodérision.

On dit que Feu ! Chatterton a réconcilié la pop avec la langue Française. Tu es d’accord avec cela ?

(Rires). C’est encore nous charger d’une trop grosse mission ! On a rien réconcilié, pour la seule et bonne raison que nous, la pop, on ne la connait pas très bien…En revanche Gainsbourg lui l’a fait bien avant nous.

En France, lorsque les groupes décident de chanter en Français, on a l’impression qu’on les attend au tournant, ça a été le cas pour vous ?

Je le comprends exactement car moi-même lorsque j’écoute des groupes chanter en Français je suis très exigeant, c’est le jeu, et il en vaut la chandelle !

Quels sont vos projets pour la suite ? Y-aura-t-il des collaborations ?

On va certainement enchaîner sur un deuxième album. On a déjà quelques pistes, des idées, des histoires en 8/9 chansons. Concernant les collaborations c’est marrant que tu me poses la question car on y a pas encore pensé, mais pourquoi pas Charles Aznavour, Christophe, Bertrand Cantat et pourquoi pas Booba aussi ! Soyons fous !!!!

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Je dirais de rester curieux et inspirés !

Propos recueillis par Audrey APW

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