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MTP MUSIC UNDERGROUND

DÉFERLANTES NÉGRESSES VERTES

Actuellement en tournée pour les trente ans de Mlah, premier opus qui à l’époque les consacra, les Négresses Vertes, iconoclaste formation iconique de la scène punk rock alternative des années 80, feront escale au festival des Déferlantes en juillet prochain et au vu de l’engouement que suscite leur tournée, nous avons voulu savoir s’ils n’avaient pas le regret d’avoir stoppé l’aventure, un peu trop tôt ! De leur impatience à retrouver un public transgénérationnel au regard porté sur l’industrie musicale actuelle,  Stéfane Mellino nous dit tout et sans langue de bois !

 

Presque vingt ans que les Négresses Vertes n’ont pas refoulé la scène, honnêtement ça vous fait quoi ?

Honnêtement on est super contents ! Pouvoir rendre hommage à cet album, cet élément fondateur, qui nous a permis de jouer partout, y compris à l’international, c’est super, d’autant qu’à l’époque on venait de nulle part, on jouait dans la rue et du jour au lendemain, va savoir pourquoi, tout est allé très vite…Alors trente ans plus tard, se retrouver là et retrouver le public des débuts et un autre, plus jeune, c’est que du bénéf…

 

Au vu de l’engouement que suscite votre tournée, vous n’avez pas de regret d’avoir stoppé tout ça un peu trop tôt ?

Pas du tout. A l’époque on avait tous d’autres projets et pour certains, il était même question de fonder une famille. Et puis, en 2004, il y a eu le décès de notre manager, à partir de là j’ai senti que le groupe commençait à se déliter et même s’il n’y a jamais eu d’annonce officielle de séparation, chacun est parti vaquer à d’autres occupations.

 

Cette idée de tournée, calculée ou plutôt spontanée ?

En fait tout s’est fait en deux temps. On a d’abord rencontré le producteur de Décibel, Pierre Alexandre Vertadier qui m’avait dit qu’il serait là si un jour, on voulait remonter sur scène. Ensuite, Because Music a racheté le catalogue des Négresses Vertes, alors Plutôt que de fêter cela en faisant un album commémoratif de reprises interprétées par d’autres artistes, on s’est dit que quand même, les plus à même de faire cela, c’était nous ! C’est le truc assez classique qu’il se passe généralement, quand on rachète ton catalogue. Après, je ne crache pas dans la soupe mais vu le contexte, nous avons simplement saisi cette occasion pour revenir sur la scène et tenter le coup !

 

Comment l'avez-vous appréhendée en termes de préparation mentale et musicale ?

On a commencé les répétitions en novembre. Ça faisait très longtemps que l’on n’avait pas rejoué les titres qui figurent sur Mlah, il a fallu s’y remettre. Insensiblement, nous avons retrouvé l’énergie fondatrice punk, de nos débuts.  A l’époque l’idée directrice c’était l’idée de « no futur », une chanson comme « Voilà l’été », par exemple l’illustre parfaitement, une certaine idée très paradoxale, finalement, compte tenu du  titre. Concernant la tournée en elle-même, on a voulu commencer progressivement, en jouant d’abord dans des petites salles et clubs, d’abord par la Belgique, et aujourd’hui on est en plein dedans !

 

A l’époque vous pointiez déjà du doigt le système. Quel est ton coup de gueule aujourd’hui ?

Mon coup de gueule ? En fait il concernerait ce que je connais le mieux, à savoir l’artistique, et plus particulièrement les maisons de disques. Je vois tous les jours beaucoup d’artistes talentueux et en face, des maisons de disques qui ne font pas toujours leur travail, notamment en termes de développement d’artistes, et ça m’énerve vraiment. Aujourd’hui on regarde d'abord le nombre de vues qu'un artiste fait sur internet avant de lui  proposer un contrat, et puis  si ça ne marche pas, on le rompt dans la foulée, c’est une réalité !

 

Aujourd’hui, vous partagez des line-up très éclectiques avec des groupes de la scène émergente Quels conseils donneriez-vous à un groupe qui débute ?

Je leur conseillerai d’abord de savoir se servir des outils qu’il existe à savoir, les réseaux sociaux, pour assurer leur propre promo, et surtout de ne pas attendre qu’il y ait une maison de disque qui se manifeste avec un contrat en bois ! Aujourd’hui il y a beaucoup de moyens, qu’à notre époque il n’y avait pas, il faut s’en servir !

 

A votre époque quel rapport entreteniez-vous avec la notoriété ?

Quand du jour au lendemain tu te retrouves à jouer autour du monde, alors qu’à la base tu as commencé à jouer dans les cours d’immeubles, c’est vrai que tout cela peut paraître surréaliste. C’était incroyable. Après pour répondre à ta question, nous n’avons jamais été motivé par cette notoriété, nous ce qui nous plaisait c’était de pouvoir jouer et de profiter pleinement. Aujourd'hui, si nos chansons sont rentrées dans le patrimoine en revanche, personne connait nos têtes, je peux marcher tranquillement dans la rue sans que l’on me reconnaisse. Pour résumer, on a eu le bon côté de la notoriété, des chansons connues mais pas d’emmerdements.

 

Vous avez vendu beaucoup de disques. Aujourd’hui, l’industrie du disque tire un peu la tronche et la musique se consomme en streaming. Vous, quel consommateur êtes-vous?

Malheureusement, la musique est devenue quasiment gratuite et pour moi ce qui est gratuit est sans valeur.  J’appartiens à une génération qui entretient encore un certain rapport avec l’objet, je suis de la vieille école et surtout je continue d’acheter des disques, j’achète des cd, des vinyles. Quand j’entends une musique que je ne connais pas, je me renseigne. Je ne suis pas un consommateur, zappeur musical comme  certains peuvent l'être. Je suis resté fidèle à mes principes de départ.

 

Des projets d’album ?

Pas pour l’instant, mais on ne se ferme pas des portes, si pendant la tournée, il y a des idées de riffs qui tournent bien, pourquoi se priver d’en faire une petite chanson, mais pour l’instant priorité à la tournée...

 

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