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MTP MUSIC UNDERGROUND

DOMINIQUE A, INTERVIEW EN TOUTE LATITUDE

 
 
"Toute Latitude", son nouvel album est sorti le 9 mars recevant dans la foulée, les éloges de la critique musicale. Pourtant rien n’était gagné d’avance, pour celui dont la carrière s’étire depuis maintenant une vingtaine d'années. « C’est l’album le plus difficile que j’ai eu à faire », nous confie-t-il dans cette interview et pour cause, sur "Toute Latitude", l’auteur compositeur interprète a souhaité emprunter les chemins sinueux de sonorités plus synthétiques, il a donc fallu s’adapter, pour trouver pour ainsi dire, le juste équilibre! Interview avec Dominique A.

 

Sur ce nouvel album, vous avez opté pour un métissage de sonorités plus contemporaines. Y  avait-il l’envie de sortir d’une certaine zone de confort ?

Je voulais éviter un risque de ronronnement sonore et emprunter une voie autre que la formule studio à laquelle j’ai habituellement recours, lorsque j’enregistre mes albums. J’ai voulu davantage jouer avec les sons, avec les textures sonores, être aussi moins axé sur la restitution fidèle du son. Je me suis acheté une boite à rythmes, et c’est à partir de là que les choses ont commencé à se concrétiser...

Paradoxalement, il est très mélodique. Comment avez-vous trouvé ce juste équilibre, notamment en termes de production ?

Jusqu'à présent, c'est le disque le plus difficile que j'ai eu à faire. Je ne savais vraiment pas vers quoi on allait,  je n’avais que des envies. J’avais l’idée d’un son, qui s’est construit en temps réel, mais pour moi ce n’était pas une finalité de faire un disque électronique. Il a donc fallu trouver un juste équilibre. Le travail en studio a été très empirique, nous avons avancé pas à pas. J’avais des démos enregistrées à la maison que je ne pensais même pas garder, sachant dès le départ, que ce disque n’allait pas être enregistré en solo, mais en groupe. Dans un premier temps on m’a pourtant encouragé à garder ce que j’avais fait, ensuite il a fallu que je tire parti des propositions de mes camarades, qui arrivaient sur la table de mixage, et il y en avait beaucoup....

Tout a donc été très évolutif…

Il a fallu surtout retrouver une certaine harmonie musicale, car le propos de départ était tellement axé sur la rythmique que j’avais tendance à en oublier l’aspect mélodique, et cela me gênait beaucoup. A la fin de l’enregistrement, j’ai  donc repris un peu les rennes et me suis autorisé à jouer avec mes propres chansons, pour  apporter les éléments mélodiques qui pour moi leur manquaient…

Dans quel exercice vous sentez-vous le plus à l’aise ?

Même si j’adore jouer en groupe actuellement, quoi que je puisse faire au final, je sais que je reviendrais toujours à l’exercice en solo, j’ai besoin de ressentir ce rapport de promiscuité entre la voix et les instruments.

Ce nouveau disque s’inscrit dans un projet plus global et précède un autre album acoustique « fragilités » qui sortira cet automne. Quelle a été votre cadence de travail pour ce projet dans sa globalité ?

Elle a été la même que si j’avais fait un seul disque avec en prime, le confort de me dire que si une chanson ne correspondait pas à cet album, elle correspondrait au prochain. Je savais que les chansons finiraient par trouver leur place et pour moi, c’était sécurisant, notamment en termes de cohérence, y compris concernant les correspondances thématiques, le prochain album est tout aussi sombre.

Justement, ce côté obscur, fait-il écho à un état d’esprit particulier au moment où vous l’avez composé?

Il fait surtout écho à certaines choses qui bouillonnaient en moi, liées à l’air du temps, à une certaine inquiétude, à un certain rapport anxiogène que l’on peut avoir à l’actualité, depuis les attentats.  Même si on n’est pas un pays en guerre à proprement parler, cette violence ressort forcément. Le thème de la guerre revient pas mal dans mes textes, y compris dans le prochain.  Il y a aussi une volonté chez moi d’être moins effacé par rapport à certaines choses que j’aborde, une volonté d’être plus frontal, d'où son côté sombre.

Certains groupes de la scène émergente vous citent souvent comme étant une source d’inspiration, aux côtés de Bashung et autres. Vous avez conscience de cela ?

 Je ne pensais pas que c’était encore le cas aujourd’hui. Je sais que par le passé, j’ai pu influencer certaines personnes évoluant dans la même discipline artistique, c’est d’ailleurs très grisant de savoir que vous êtes source d’inspiration pour des personnes qui font le même métier que vous….

A l’heure du streaming, la musique se consomme en boucle. Certains artistes s’y retrouvent, d’autres s’y perdent. Quelle est votre vision par rapport à cela ? quel consommateur êtes-vous ?

Je suis un dinosaure et mon rapport en tant que musicien n’a pas changé, même si le modèle économique lui a changé. J’achète toujours mes disques, parfois même à l’aveugle, j’aime la découverte. Après, le fait d’avoir accès à une bibliothèque mondiale est aussi très excitant, mais pour moi le référant pour un artiste, reste et restera le disque.

EN CONCERT AU ROCKSTORE LE 26 AVRIL 19H30

 

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